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Depuis le 24 mars 2026, vos arrêts de travail arrivent directement dans Mon espace santé sans que votre médecin ait à les imprimer. Une question suit naturellement : ces documents Amelipro, qui circulent désormais sans intervention humaine, sont-ils correctement protégés — et surtout, jusqu'où ?
Depuis le 24 mars 2026, les volets patients des avis d'arrêt de travail et les certificats médicaux liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, réalisés par les professionnels de santé via Amelipro, sont déposés dans le dossier médical partagé et deviennent visibles dans Mon espace santé. Les comptes rendus d'examens bucco-dentaires bénéficiaient déjà de ce dispositif depuis le 1er avril 2025, et le protocole de soins pour affection de longue durée l'a rejoint le 5 mai 2026. Deux nuances importantes accompagnent cette évolution. D'abord, l'automatisation porte sur le geste du praticien, pas sur votre consentement : le dépôt suppose que votre dossier médical partagé soit ouvert et que vous ayez donné votre accord. Ensuite, sur la protection : ces documents bénéficient du chiffrement des données de santé et de l'hébergement certifié HDS qui protègent l'ensemble de Mon espace santé, mais cette protection s'arrête au moment où vous choisissez d'envoyer vous-même votre arrêt de travail à votre employeur par courriel.
L'évolution est concrète pour les praticiens comme pour les patients. Auparavant, le prescripteur imprimait le volet destiné au patient, qui repartait avec un document papier. Désormais, le dépôt dans le dossier médical partagé dispense d'imprimer, sauf si le patient le demande expressément. Le document se retrouve dans la rubrique « Mes documents » de Mon espace santé.
Ce qui n'a pas changé, en revanche, mérite d'être souligné. Votre employeur ne reçoit rien automatiquement : c'est vous qui décidez de lui transmettre le document, depuis votre espace, par courriel. Le dispositif ne crée donc aucun canal direct entre votre médecin et votre employeur.
Un décalage de calendrier explique par ailleurs que beaucoup de patients l'ignorent encore : la bascule opérationnelle est intervenue le 24 mars 2026, alors que l'annonce publique date du 28 avril, soit plus d'un mois plus tard.
C'est la question que soulève naturellement toute automatisation : plus un document circule sans intervention humaine, plus la protection technique de son trajet devient déterminante.
Les documents versés dans le dossier médical partagé bénéficient du cadre de protection applicable à l'ensemble du dispositif. Les échanges entre les postes des professionnels, les serveurs et votre navigateur sont chiffrés en transit, ce qui empêche l'interception du contenu pendant son acheminement. Le stockage relève d'un hébergeur certifié HDS, obligation posée par l'article L. 1111-8 du Code de la santé publique pour toute donnée de santé confiée à un tiers, qui impose un chiffrement au repos et un contrôle d'accès audité.
Une nuance mérite toutefois d'être comprise, car elle est fréquemment source de malentendu. Ce chiffrement n'est pas un chiffrement de bout en bout au sens strict : les professionnels de santé habilités doivent pouvoir lire le contenu de vos documents pour vous soigner, ce qui suppose une capacité de déchiffrement côté service. La protection repose donc sur la combinaison du chiffrement, d'un contrôle d'accès fin défini par une matrice d'habilitation, et d'une traçabilité de chaque consultation — pas sur une impossibilité technique absolue d'accéder au contenu.
Prenons le parcours complet d'un arrêt de travail. Le praticien le génère dans Amelipro, le signe numériquement, et le volet patient est déposé dans votre dossier médical partagé. Jusqu'ici, le document reste dans un environnement chiffré, hébergé chez un prestataire certifié, avec chaque accès tracé dans un journal que vous pouvez consulter.
Puis vient l'étape suivante : vous devez transmettre ce document à votre employeur. Mon espace santé vous permet de l'envoyer par courriel, ce qui est pratique et parfaitement légitime. Mais un courriel ordinaire n'offre aucune des garanties précédentes : il transite par des serveurs de messagerie, se copie dans plusieurs boîtes, et se conserve durablement sans contrôle d'accès particulier. Le document sort alors définitivement de la chaîne protégée.
Ce constat n'est pas une critique du dispositif, qui fonctionne comme prévu. C'est une invitation à comprendre où se situe réellement la frontière : votre arrêt de travail est bien protégé tant qu'il reste dans Mon espace santé, et il ne l'est plus dès l'instant où vous l'expédiez ailleurs. Un envoi à la bonne adresse, une fois, vaut mieux qu'une diffusion large « au cas où ».
Trois textes se combinent. L'article L. 1111-15 du Code de la santé publique impose aux professionnels d'alimenter le dossier médical partagé avec les informations utiles à la coordination des soins, ce qui constitue le fondement de ces versements. L'article L. 1111-8 du même code impose que tout hébergement de données de santé pour le compte d'un tiers soit assuré par un prestataire certifié HDS, ce qui garantit un niveau de sécurité audité par un organisme indépendant.
L'article 32 du RGPD complète ce socle en exigeant des mesures techniques appropriées au risque, et cite explicitement le chiffrement parmi elles. Les modalités concrètes d'accès des professionnels sont quant à elles fixées par le référentiel de sécurité et d'interopérabilité du dossier médical partagé, approuvé par arrêté et opposable aux professionnels comme à leurs éditeurs de logiciels (source : Assurance Maladie, « Alimentation du DMP et de Mon espace santé : amelipro évolue », ameli.fr).
La liste des documents concernés continue de s'étendre. Après les arrêts de travail, les certificats AT/MP et les comptes rendus bucco-dentaires, le protocole de soins pour affection de longue durée a rejoint le dispositif le 5 mai 2026, et l'Assurance Maladie annonce l'intégration prochaine du document d'accompagnement à la prescription des médicaments antidiabétiques.
Cette extension progressive déplace l'enjeu. Tant que Mon espace santé contenait quelques documents épars, son contenu restait peu révélateur. À mesure que s'y accumulent arrêts de travail, protocoles de soins et comptes rendus, le dossier devient une image de plus en plus fidèle de votre parcours de santé — ce qui rend d'autant plus déterminants le chiffrement des données de santé, la finesse du contrôle d'accès, et votre propre vigilance sur ce que vous en extrayez.
Message clé : vos documents Amelipro sont protégés par le chiffrement et l'hébergement certifié tant qu'ils restent dans Mon espace santé — la frontière de cette protection se situe exactement à l'instant où vous les envoyez ailleurs.
Comprendre cette limite vaut mieux que de s'inquiéter du dispositif lui-même : c'est sur vos propres transmissions que se joue l'essentiel du risque résiduel.
Mes arrêts de travail sont-ils chiffrés dans Mon espace santé ? Oui, ils bénéficient du chiffrement des échanges et d'un hébergement certifié HDS imposant un chiffrement au repos, même si les professionnels de santé habilités conservent la capacité de les lire pour assurer vos soins.
Qui peut voir mon arrêt de travail dans Mon espace santé ? Vous-même, et les professionnels de santé qui vous prennent en charge, dans les limites fixées par la matrice d'habilitation propre à chaque profession ; vous pouvez masquer un document ou bloquer un professionnel.
Comment sont protégés les documents versés automatiquement ? Par une combinaison de trois éléments : chiffrement en transit et au repos, hébergement chez un prestataire certifié HDS, et journalisation de chaque consultation, consultable dans votre espace.
Mon employeur reçoit-il mon arrêt de travail automatiquement ? Non, rien ne lui est transmis directement : c'est vous qui décidez de lui envoyer le document depuis Mon espace santé, par courriel.
Puis-je refuser le versement automatique de mes documents ? Oui, le dépôt suppose que votre dossier médical partagé soit ouvert et que vous ayez donné votre accord ; vous pouvez également demander à votre praticien un exemplaire imprimé.
Que se passe-t-il quand j'envoie mon arrêt de travail par email ? Le document quitte l'environnement protégé : un courriel ordinaire ne bénéficie ni du chiffrement du dispositif ni de son contrôle d'accès, et se conserve durablement dans plusieurs boîtes.
Quels autres documents vont être ajoutés ? L'Assurance Maladie a annoncé l'intégration prochaine du document d'accompagnement à la prescription des médicaments antidiabétiques, après le protocole de soins pour affection de longue durée en mai 2026.
Depuis le 24 mars 2026, les volets patients des arrêts de travail et les certificats AT/MP produits via Amelipro sont déposés dans le dossier médical partagé et visibles dans Mon espace santé, sous réserve que ce dossier soit ouvert et que le patient ait donné son accord. Ces documents bénéficient du chiffrement des données de santé et d'un hébergement certifié HDS, avec traçabilité des consultations. Cette protection cesse dès lors que le patient transmet lui-même le document par courriel, notamment à son employeur.
Vérifiez dans Mon espace santé, rubrique « Mes documents », si vos derniers arrêts de travail y figurent ; consultez de temps en temps votre journal d'accès pour savoir qui a ouvert vos documents ; et lorsque vous transmettez un arrêt de travail à votre employeur, envoyez-le à une seule adresse identifiée plutôt qu'à plusieurs destinataires par précaution.
Vos documents sont chiffrés tant qu'ils restent dans Mon espace santé — pas une seconde après que vous les avez envoyés par courriel.
L'automatisation porte sur le geste du médecin, pas sur votre consentement : un dossier fermé ne reçoit rien.
Chiffrement ne veut pas dire inaccessible : les soignants qui vous suivent doivent pouvoir lire vos documents pour vous soigner.
Imaginez un pli confidentiel transporté par coursier sécurisé jusqu'à un coffre dont vous détenez la combinaison. Tant qu'il est dans le coffre, sa protection est réelle et vérifiable. Le jour où vous en sortez une photocopie pour l'envoyer par la poste ordinaire à votre employeur, cette photocopie ne bénéficie plus d'aucune de ces garanties. Le coffre n'a pas failli : c'est simplement que le document en est sorti, par votre décision.
Pour les professionnels de santé et leurs éditeurs, cette évolution s'appuie sur plusieurs prérequis techniques qu'il est utile de connaître. Le dépôt suppose que le prescripteur ait enregistré sa signature numérique dans Amelipro, condition nécessaire pour signer les volets patients dématérialisés. Il suppose également une Identité Nationale de Santé qualifiée pour le patient : sans elle, le document ne peut être rattaché au bon dossier, et le versement échoue silencieusement du point de vue du praticien. Sur la protection des flux, l'accès des professionnels s'effectue par carte de professionnel de santé ou certificat serveur applicatif selon le contexte d'exercice, et chaque opération d'alimentation comme de consultation est journalisée puis restituée au patient — ce qui implique, côté structure, de proscrire tout partage d'identifiants entre professionnels, pratique qui rend la traçabilité inexploitable. Enfin, pour les éditeurs de logiciels métier, la conformité au référentiel de sécurité et d'interopérabilité du dossier médical partagé, opposable depuis son approbation par arrêté, couvre explicitement la gestion des erreurs d'alimentation : un mécanisme de reprise doit être prévu, sans quoi les échecs de dépôt restent invisibles pour l'utilisateur comme pour le patient.